Normil Rameau, fidèle à lui-même !

Le passage de Normil Rameau à la tête de la Police Nationale d'Haïti (PNH), d’août 2019 à novembre 2020, a été marqué par des crises telles que « Peyi Lòk », les actions de « Fantom 509 », et la recrudescence des kidnappings. Depuis son retour à la direction de l’institution, 113 jours se sont écoulés, et l'Inspecteur Général Rameau peine à apporter ce vent de renouveau que le Premier ministre Garry Conille espérait.

Crédit Photo: Gazette Haïti
Normil Rameau, fidèle à lui-même !

Lors d'une conférence de presse le jeudi 20 juin 2024, Garry Conille a été interrogé sur la nomination de Normil Rameau comme Directeur Général par intérim, en remplacement de Frantz Elbé. « En accord avec le Conseil présidentiel, nous avons décidé d’opérer un changement à la tête de la police pour insuffler une nouvelle énergie à l’institution. Affronter les défis de l’insécurité est une responsabilité partagée, et la population doit se sentir impliquée dans cette démarche pour restaurer la sécurité. Ce nouveau souffle à la direction de la police permettra une meilleure communication avec la population », a-t-il expliqué. Pourtant, après 113 jours, les résultats se font toujours attendre, renforçant les doutes exprimés par le Révérend Gardy Maisonneuvre.

 

En réaction à la nomination de Normil Rameau, le Révérend Gardy Maisonneuvre, directeur exécutif du Centre Kay Levêque, avait exprimé ses réserves. Bien qu’il ait reconnu les « grandes qualités morales et politiques » de Rameau, il estimait que celui-ci n'était pas l’homme de la situation. Selon lui, la PNH avait besoin de nouvelles figures pour diriger. « Certains hauts gradés se sont dévoués corps et âme pour maintenir un certain équilibre au plus fort de la crise sécuritaire. Ils méritaient l’opportunité de continuer leur travail à un niveau supérieur », déclarait-il sur les ondes de Radio Vision 2000, dans l’émission « Gazèt kreyòl ».

 

Le 21 juin 2024, en prenant ses fonctions, Normil Rameau avait promis de démanteler les gangs. Cependant, plus de 100 jours plus tard, la sécurité reste fragile. Aucun des « territoires perdus » n’a été reconquis, et aucun commissariat ou poste de police n’a été rétabli. Les gangs continuent leurs activités criminelles, tuant, violant et pillant. La situation s'est aggravée dans plusieurs régions, notamment à Pilate, dans le Nord, ainsi que dans l’Ouest et l’Artibonite. À Pont-Sondé, un massacre ayant fait plus de 110 morts a été perpétré par un gang, et malgré les promesses de renfort de la PNH, cinq jours plus tard, ce même groupe est revenu pour enlever cinq personnes. À Arcahaïe, les membres du gang de Canaan ont également fait des victimes le jeudi 10 octobre, un bilan qui ne joue pas en faveur de l'actuel directeur de la PNH.

 

L’idée des « 100 jours », popularisée par Franklin D. Roosevelt aux États-Unis, est devenue un indicateur clé pour juger l’efficacité d’un dirigeant. Cette période symbolique est souvent perçue comme un test, tant pour les citoyens que pour les analystes politiques. L’absence de résultats concrets du mandat de Normil Rameau durant ce laps de temps montre qu’il n’a pas su mettre en œuvre les réformes attendues, ni établir des mesures symboliques pour donner le ton de son leadership.

 

Stevens JEAN FRANÇOIS


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