Partir ou rester : où est l’intérêt du peuple ?

Brusquement, des conseillers présidentiels ont voté une résolution exigeant la destitution du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qu’ils avaient pourtant soutenu pendant plus d’une année. Vingt-quatre heures après la signature du document, le processus demeure bloqué. Quels sont les intérêts inavoués et inavouables, qui motivent une telle décision ?

Partir ou rester : où est l’intérêt du peuple ?

Ce n’est pas la première fois que des conseillers présidentiels tentent de renvoyer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, nommé unilatéralement pour remplacer Garry Conille, à la suite d’un désaccord ouvert entre la Présidence et la Primature. À moins de quinze jours de la date butoir du 7 février, cinq conseillers présidentiels, dont certains sont déjà éclaboussés par des scandales de corruption, jugent opportun de démettre le chef du gouvernement.

Les États-Unis, le Canada et la communauté internationale s’y opposent ouvertement, arguant qu’une telle décision pourrait compromettre les avancées et fragiliser la stabilité du pays. Mais de quelles avancées, de quelle sécurité et de quelle paix sociale parle-t-on réellement ?

Partir ou rester, le peuple haïtien, déjà éprouvé par de multiples crises, risque une fois de plus d’être le grand perdant.

Ceux qui exigent le départ du Premier ministre, tout comme ceux qui s’y opposent, semblent avant tout défendre leurs intérêts politiques, économiques et personnels. Depuis plus de vingt mois, l’intérêt collectif n’a jamais été une priorité. La réalité est implacable : 1,4 million de personnes sont déplacées internes, plus de la moitié de la population vit en situation d’insécurité alimentaire, et des centaines d’écoles publiques et privées ont été pillées ou incendiées, privant des milliers d’enfants de leur droit fondamental à l’éducation.

L’accord du 3 avril, qui a institué ce pouvoir de transition, est pourtant clair : restaurer la sécurité et organiser des élections générales. Vingt mois plus tard, l’échec est cuisant. Ni le Conseil présidentiel de transition (CPT) ni la Primature n’ont livré les résultats attendus.

Cette lutte intestine semble désormais poursuivre un seul objectif : renforcer des positions et des calculs politiques au détriment de l’intérêt national.

Jodel ALCIDOR

 


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