Les étrennes que j'aimerais recevoir
Comme les enfants, je souhaite recevoir des cadeaux pour commencer l'année 2024 du bon pied. Certes, elle s'annonce déjà très difficile en raison de cette crise multiforme qui perdure. Pourtant, j'ose espérer recevoir des cadeaux. Contrairement aux enfants, je n'attends pas que le Père Noël me les apporte. J'aimerais les recevoir des mains de ceux qui dirigent le pays.
L'augmentation du nombre de victimes de la violence des gangs armés, dont des agents des forces de l'ordre, une inflation à deux chiffres qui persiste, une économie en récession... Décidément, l'année 2023 a été celle de toutes les misères pour le peuple haïtien qui a vu de toutes les couleurs. Si nos dirigeants étaient le Père Noël, ils auraient offert au peuple haïtien des cadeaux de paix, de sécurité, de création d'emplois, d'une éducation publique de qualité, d'une diplomatie respectée, mais surtout ils auraient tout mis en œuvre pour qu'Haïti renaisse de ses cendres. Comme étrennes j’attends qu’ils s’attaquent particulièrement aux problèmes suivants.
Sécurité!
Pas une seule journée ne se passe sans qu'on enregistre de nouvelles victimes parmi la population. L'émergence de nouvelles bandes armées, qui semblent plus cruelles, est inévitable. Les institutions policières, le système judiciaire... quasiment toutes les institutions semblent craquer face à ce fléau, dont les conséquences s'écriront à l'encre indélébile dans l'histoire du pays. Cette situation a privé des milliers d'enfants de leur droit à l'éducation et a contraint des familles à fuir leurs zones, ainsi que la fermeture des hôpitaux qui fournissaient des soins de santé à moindre coût. Pourquoi pas un cadeau de sécurité ?
Revitaliser la justice!
La justice haïtienne n'a pas pu mener à terme aucun grand dossier, même celui de l'assassinat du Président de la République, du Bâtonnier de l'Ordre des avocats, ou encore la dilapidation des Fonds Petrocaribe par d'anciens hauts fonctionnaires de l'État. De nombreuses personnes sont en attente depuis des années dans des situations de privation de liberté, d'une décision d'un juge qui, peut-être, est forcé de quitter le pays pour des raisons de sécurité ou politiques. C’est révoltant ! Sortir la justice des soins intensifs serait, pour moi et pour tous les patriotes, le cadeau idéal pour les fêtes de fin d’année. Pour cela, il faudra que les autorités judiciaires ne se contentent plus de constater les nouveaux territoires perdus.
Une politique économique adéquate!
Pour une énième fois, le pays termine l'année avec une mauvaise note sur le plan économique. Les indicateurs macro-économiques sont tous au rouge. La fonction publique et le secteur privé n'ont pas pu faire mieux qu'avant. Au contraire, ils s'enfoncent dans le gouffre. Des mouvements de grève provoquant un dysfonctionnement quasi-total dans certaines entreprises ont jalonné cette année. Les prévisions montrent une année 2024 pire que celle en cours. Il nous faut une politique reflétant la réalité actuelle. Comme on dit souvent, aux grands maux, les grands remèdes. L'économie, il faut en prendre soin, avant qu'il ne soit trop tard. Le temps passe.
Faute d'une politique viable, des milliers de compatriotes ont pris le chemin du nord cette année, à la recherche d'un ciel plus clément pour espérer concrétiser enfin leurs rêves latents. Les minutes s'égrènent, le pays continue de perdre ses fils et filles conséquents, qui sont pourtant incontournables dans la lutte pour la libération de la République. Plus de 100 000 ont quitté le pays, tandis que d'autres se préparent à partir.
Si nos dirigeants étaient les lutins de Noël, tout le monde aurait aimé recevoir comme cadeau une nouvelle Haïti, où il fait bon de vivre. Ils sont des hommes, mais s'ils le veulent, ils peuvent au moins se montrer à la hauteur de leurs responsabilités. Ce serait une bonne étrenne s'ils se mettaient enfin au travail afin de permettre à tous la jouissance de leurs droits. Aux citoyens de lutter pour la concrétisation de ce vœu pieux! Chers lecteurs, sur ce, je vous souhaite une bonne année de lutte politique et économique.
Jodel ALCIDOR
Rédacteur en Chef
- L’étalement urbain en Haïti et la disparition progressive des terres agricoles
- Le salaire minimum porté à 1 000 gourdes, une bouffée d’air sous conditions
- Les forces de sécurité en mode pompier antique !
- Frontière haïtiano-dominicaine : des chiffres qui traduisent une crise plus profonde
- Memploi.com, une réponse locale aux défis modernes des ressources humaines
- Initiative Jeunesse 2250 : l’espérance s’organise
- Les cendres du carnaval, le feu des négociations
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- 1er janvier
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